mercredi, 22 août, 2018

Facebook entre en lutte contre les fausses informations

Temps de lecture: 3 minutes

Le réseau social s’associe à des médias de fact-checking pour labeliser les « fake news ».

Facebook a annoncé jeudi de nouvelles mesures pour lutter contre la propagation des fausses informations sur sa plateforme. Depuis l’élection américaine, les critiques contre la société, accusée d’offrir une plate-forme propice à la diffusion d’articles mensongers, se sont intensifiées.

Après avoir d’abord nié le problème, Mark Zuckerberg a proposé des pistes d’amélioration dans un post sur Facebook mi-novembre. Elles ont abouti à quelques modifications et à l’ajout de fonctionnalités, qui seront visibles par une partie des utilisateurs américains à partir de jeudi.

Facebook va d’abord faciliter le signalement de fausses informations par les utilisateurs. Ceux-ci pouvaient déjà cliquer sur la flèche située à droite d’un post pour faire remonter un problème à Facebook mais la case « fake news » n’était pas immédiatement accessible. En lui donnant une plus grande place, Facebook espère recueillir plus de signaux d’alerte.

Drapeau rouge

Jusqu’ici, l’entreprise s’en servait simplement pour reléguer le post plus bas dans le fil d’actualités. Désormais, les signalements seront également transmis à des organisations de fact-checking, qui seront chargées d’écrire des articles rétablissant la vérité. Facebook les intégrera ensuite sous la forme d’un lien en-dessous du post, accompagné d’un petit drapeau rouge invitant le lecteur à la prudence. Si celui-ci décide tout de même de partager le contenu, le dispositif sera doublé d’un « pop-up » rappelant que des organisations de fact-checking remettent en cause sa véracité. L’article ne pourra également pas être transformé en post sponsorisé.

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Pour cette tâche, Facebook a décidé de s’associer avec les médias adhérant à la charte de principes élaborée par le Poynter Institute, une association de Floride connue pour son travail sur la déontologie journalistique. Pour le moment, quatre médias ont rejoint le projet : Snopes, un site spécialisé dans les fausses rumeurs, PolitiFact, un projet du « Tampa Bay Times », un quotidien de Floride qui appartient au Poynter institute, Factcheck.org, un projet de l’université de Pennsylvanie, et ABC News. « De nombreux autres organisations vont nous rejoindre au fur et à mesure », affirme John Hegeman, vice-président en charge du « news feed ».

Zone grise

La société a aussi annoncé de nouvelles mesures pour mieux détecter les contenus trompeurs, qui comprennent également le spam et le « clickbait ». Elle rajoute un critère assez subtil : la différence de taux de partage d’un article en fonction de sa lecture ou non – si l’article est plus partagé quand il n’est pas lu que quand il est lu, cela signifie sûrement qu’au-delà de son titre accrocheur, son contenu est décevant. Elle fera également plus attention à la similarité des noms de domaine – au moment de l’élection américaine, les pages s’inspirant d’un nom de média reconnu se sont multipliées, comme le « Denver Guardian », au lieu du « Denver Post », ou le « Baltimore Gazette » au lieu du « Baltimore City Paper ».

L’ensemble de ces mesures reste cependant modeste face à l’ampleur du problème. Le site n’a pas décidé pour le moment de passer des partenariats avec des médias reconnus, ou d’embaucher des éditeurs pour faire une sélection de contenus, comme son concurrent Snapchat. « Nous devons combattre la propagation des fausses nouvelles tout en continuant à donner aux utilisateurs une voix pour s’exprimer. Nous nous attaquons au pire du pire du contenu, pas aux opinions ou à tout ce qui relève d’une zone grise », explique John Hegeman.

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